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UNE : Sans-abrisme: après 28 ans dans la rue, Kamel a trouvé un toit

 
 
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Sans-abrisme: après 28 ans dans la rue, Kamel a trouvé un toit

L'ASBL HuNeeds a aidé Kamel à braver l'administration bruxelloise, et à trouver un appartement.

Kamel a 64 ans et vit dans la rue depuis 1991. Enfin... Vivait. Car aujourd'hui, il a emménagé dans un petit appartement quatre pièces à Schaerbeek. Après 28 longues et pénibles années à se demander quotidiennement où il allait passer la nuit, Kamel a un toit, une cuisine, une salle de bain, une chambre, et même un petit balcon. Si son histoire n'est pas toute rose, elle fait partie de celles qui redonnent une part d'espoir au sort des sans-abris de la capitale.

Passionné de littérature, ce soixantenaire belgo-algérien et hyperpolyglotte débarqua en 1975 à Bruxelles pour des études de bibliothécaire documentaliste. Après ses études, le jeune diplômé épouse Bernadette, son grand amour de l'époque, et naissent de leur mariage trois enfants. "Après 15 ans de mariage, c'est la descente aux enfers...", se souvient Kamel. "On a divorcé, et je me suis retrouvé seul à Bruxelles. Je n'avais pas de travail, j'avais des dettes envers mon propriétaire, et je me suis donc brutalement retrouvé à la rue."

Pendant près de trente ans, il survit dans les rues de Bruxelles avec l'aide de certaines ASBL et du Samu Social. Il élit résidence près de la gare du Midi, où il passera la plupart de son temps. "Le plus dur quand on est à la rue, c'est de se demander tous les jours où on va dormir, et de ne pas savoir ce qu'il va nous arriver. Après on pense à manger, se laver, etc. Mais la priorité, c'est trouver un endroit où passer la nuit."

En juin 2017, Kamel fait la rencontre d'Anastasia, bénévole pour l'opération Face à Face, de l'association 400 Toits qui lutte contre le sans-abrisme à Bruxelles. "On devait faire des enquêtes auprès des sans-abri, et c'est la première personne que j'ai interrogée", raconte la jeune bénévole. "Le courant est bien passé, et j'ai gardé contact avec lui."

Depuis quelques mois, Anastasia a créé l'ASBL, HuNeeds, qui promeut le logement comme premier outil de réinsertion (lire ci-dessous). Et le premier à bénéficier du projet pilote de HuNeeds, c'est Kamel. En l'espace de quelques semaines, l'ASBL lui a trouvé un appartement en servant d'intermédiaire entre les effrayantes administrations et leur bénéficiaire. "Les sans-abris survivent dans la rue, font face à des situations terribles, mais ce qui est le plus dur pour eux, c'est d'affronter les administrations. Pour toucher le revenu d'intégration sociale qui lui permettra de payer le loyer et d'être signataire d'un bail, il doit avoir des papiers en ordre et un compte en banque. Mais ce sont des personnes blessées, qui ont peu d'estime d'elles-mêmes. C'est donc très difficile pour eux d'entamer ces longues démarches", explique Anastasia.

Après cette longue bataille, Kamel a reçu les clés de son nouvel appartement. Très ému en passant la clé dans la serrure, il a aussi fait part de ses craintes. "Le plus dur ça va être de se réhabituer au silence. Je vais sûrement me réveiller vers 4h du matin, car je suis habitué à avoir beaucoup de bruit autour de moi. Mais je suis très reconnaissant, à partir d'aujourd'hui, j'ai de nouveau une vie normale."

L'ASBL HuNeeds prône le logement avant tout

?Il y a quelques mois, Anastasia Englebert et Caroline de Montjoye, deux Bruxelloises, ont lancé l'ASBL HuNeeds. Voulant améliorer le sort du sans-abrisme dans la capitale, les deux jeunes bénévoles ont un angle d'attaque : le logement, " premier outil pour la réinsertion des sans-abris", affirme Anastasia. "Une fois que les personnes ont un toit, elles peuvent se concentrer sur le reste, mais avant c'est trop compliqué."

Le premier objectif de l'association, c'est donc de convaincre les propriétaires qu'accepter un locataire sans-abris et d'avoir la garantie d'être payé chaque mois, c'est tout à fait possible. "Le CPAS donne un revenu d'intégration sociale (RIS) de 892 euros par mois à toute personne belge qui est en dessous d'un certain seuil. Si cette personne est signataire d'un bail, le CPAS peut se charger de verser l'argent du loyer directement au propriétaire, et de verser ensuite le reste au bénéficiaire du RIS", explique Anastasia. "Mais entre les deux il y a un long chemin administratif qui peut en décourager énormément, et ce de chaque côté. C'est là qu'interviennent les ASBL comme la nôtre, pour court-circuiter ce cercle vicieux."


 
 

 
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